Citizen Maria, notre nouveau défi

Les Grecs ont ils triché et trompé les autres membres de l’Union Européenne, comme le pensent une bonne majorité d’Allemands? Ou bien les Grecs sont-ils les premières victimes des débordements d’un capitalisme sauvage et dévastateur, comme l’affirment plusieurs économistes réputés ?

Dans ce documentaire, nous n’allons pas trancher, mais plutôt suivre au jour le jour les conséquences de cette situation de crise que vit la Grèce, depuis plusieurs semaines.

Suivre un personnage dans son quotidien

La méthode : Patrice Barrat l’a déjà expérimentée avec la série Mad Mundo depuis plusieurs années. Suivre un personnage dans tous les moments de sa vie quotidienne et le placer en situation de demander des comptes aux responsables.

Maria, à 28 ans, n’est pas responsable de la faillite de son pays. C’est une situation qu’elle subit au jour le jour.

La nouveauté, c’est que ce documentaire va se construire en toute transparence sur le site d’Arte. La chaîne nous fait confiance pour une expérience nouvelle où la volonté de partage est vraiment au cœur du projet éditorial.

Nouvelle grammaire

Par les contributions de chacun, les suggestions, les critiques qui vont naitre sur ce site, ce documentaire diffusé sur l’antenne d’Arte en principe le 10 juillet, va  bénéficier d’une nouvelle écriture dont aucun d’entre nous -journalistes, producteurs, diffuseurs ou internautes- ne connaît précisément la nouvelle grammaire !

C’est à cette aventure que nous vous invitons. Visionnez,  taggez, proposez, critiquez… De notre coté, nous réagirons, ne vous cacherons rien de vie quotidienne de cette production et chaque jour sur ce blog nous tiendrons la chronique de ce nouveau  défi.

Publicités
Publié dans Christian DAURIAC | Laisser un commentaire

Maria fait partie de la Génération 700

Avant de rencontrer Maria, quand je devais décrire les jeunes Grecs d’aujourd’hui, je me référerais déjà, sans généraliser, à cette génération de 25-35 ans qui manifestait massivement et à la surprise de tous dans les rues d’Athènes en décembre 2008, en marge des émeutes après la mort d’un jeune adolescent de 15 ans. Tué par un policier. De là, toute une tranche de la société s’est mobilisée, pendant plusieurs semaines.

700 euros comme salaire minimum

Maria, comme de nombreux jeunes n’appartenant pas à un syndicat, n’a pas tergiversé à l’appel de la mobilisation. Elle est aussi descendue dans la rue avec ses camarades. Elle a lutté contre le système éducatif déliquescent, et contre la naissance de cette « génération 700 » comme 700 euros, le montant à l’époque du salaire minimum grec.

Les Grecs sont les jeunes les plus diplômés d’Europe mais paradoxalement, ils battent le record de taux de chômage de l’UE. Maria a fait des études en Grèce puis des études supérieures en France, elle est trilingue et ouverte d’esprit. Pourtant, elle ne gagne que 800 euros par mois.

Un peuple déboussolé

Ce n’est pas gratifiant, compte tenu des efforts qu’elle a fournis pendant sa formation, mais elle s’estime dans une tranche plus ou moins privilégiée. Et pour cause, avec la cure d’austérité imposée au pays, le salaire minimum est passé à 530 euros.  Car le pays est en crise… Une dette de 300 milliards d’euros, un déficit dépassant les 13 % du PIB et un peuple déboussolé qui s’interroge sur l’avenir.

La plupart des Grecs trouvent ces mesures injustes et dénoncent la corruption des politiques. D’autres au contraire, considèrent que mettre de l’ordre s’impose.  Maria pense comme la majorité de ses compatriotes. Elle dénonce la corruption et les scandales de l’Etat. Mais elle refuse de sombrer dans le scenario catastrophe. Pour elle, la Grèce est en pleine mutation, et la crise accélère l’Histoire. Elle veut croire à un meilleur avenir… Même si elle ne cache pas tourner son regard vers l’étranger pour de meilleures opportunités…

Publié dans Alexia KEFALAS | Laisser un commentaire